Mille ans d'amour

(Chapitre 4)



Sai ne comprit pas tout de suite ce qu’il venait de se produire. Les lèvres de L’Empereur avaient effleuré doucement les siennes et s’étaient retirées tout aussi lentement. Sai se sentit perdre pied et devenir aussi rouge qu’une pivoine au fur et à mesure qu’il semblait réaliser ce que l’Empereur venait de faire. Tout devenait nébuleux dans son esprit : plus rien ne semblait revêtir le moindre sens à présent.

Il n’arrivait plus à bouger. Son estomac était noué et tous ses membres s’étaient raidis au contact de ce baiser. Non pas que la sensation en était désagréable….. Loin de là ! Les lèvres de l’Empereur étaient en effet, chaudes et tendres… Mais, il s’agissait tout de même du premier baiser de Sai ! Et il n’avait pas été du tout préparé à ce que ce soit un Empereur qui le lui vole.

Voyant son jeune professeur complètement perdu, tel un chiot venant de naître, L’Empereur sourit narquoisement et, se sentant sûr de lui, lui susurra à l’oreille :

- ‘’Mon petit Fujiwara. Vous avez des lèvres qui incitent au viol. Je n’ai pas su résister à leur appel. Il fallait que j’y goûte.’’

Cette remarque sonna comme une onde de choc dans l’esprit de Sai :

‘Comment ? l’Empereur l’avait juste embrassé pour s’amuser ? et, visiblement, il se moquait complètement de lui à présent’… Sai se sentait à présent bien stupide d’avoir pensé, ne serait ce qu’un millième de secondes, que les lèvres de l’Empereur étaient douces et tendres. Il les maudissait désormais. Tout ceci n’était qu’un jeu pour l’Empereur. Il se moquait complètement de lui. Fou de rage, Sai ne pu empêcher quelques larmes de frustration de rouler sur ses joues. Il s’en voulait terriblement de s’être laissé berner et hurla à l’Empereur :

- ‘’Vous n’êtes vraiment qu’un méchant ! Vous m’avez pris mon premier baiser juste pour vous amuser! Vilain !’’

L’Empereur n’en revenait pas du comportement du jeune homme qu’il avait en face de lui. Il hésitait entre exploser de rire devant la réaction exagérée et très enfantine du professeur ou le prendre dans ses bras pour le réconforter. Cependant, voyant le jeune Fujiwara en proie à une grande crise de larmes, il opta finalement pour le réconfort. Il était inutile de le laisser se fourvoyer plus longtemps sur ses intentions. Après tout, son but n’était absolument pas de le froisser de la sorte et il se sentait chagriné de voir son petit professeur tant blessé dans son amour propre.

Néanmoins, il y avait une chose dont il était extrêmement heureux malgré tout. En effet, Fujiwara Sensei, totalement pris sans sa crise de nerfs, venait de lui avouer que ce baiser volé était, en fait, son tout premier et cette pensée l’excitait profondément. Il était ravi d’apprendre que son petit ange était encore totalement vierge et pur.

‘Tant mieux ! Ce sera un véritable plaisir de le dévergonder dans ce cas.’ pensa l’Empereur.

Comme L’Empereur se décidait enfin à s’approcher de Sai pour le consoler, il sentit une main venir, en un éclair, s’écraser violemment sur sa joue. Le jeune homme, en effet, en voyant l’Empereur s’avancer vers lui, avait cru à une nouvelle tentative

d’humiliation de la part de ce dernier. Il n’avait donc pas réfléchit davantage et venait de le gifler afin de se protéger. Cependant, réalisant aussitôt son erreur, il se leva brusquement et couru en direction de la sortie, en larmes.

Néanmoins, la gifle de Sai, n’avait pas eu l’effet escompté sur L’Empereur. Loin de le rendre furieux, cette punition n’avait fait qu’exciter encore davantage ses sens.

Jamais personne avant son petit professeur n’avait osé ne serait-ce que lever le ton devant lui. Alors le frapper, c’était totalement inconcevable. Cette gifle revêtait un goût totalement inconnu pour lui et avait eu pour effet d’échauffer son bas ventre comme jamais…

Il décida donc qu’il irait s’expliquer avec son professeur au plus vite, afin de lever ce terrible malentendu, mais, pour l’heure, il devait surtout penser à se soulager. En effet, s’il voyait à nouveau Sai reparaître devant lui dans l’état dans lequel il se trouvait désormais, il le violerait sans aucun doute sur place. Ce qui n’arrangerait pas franchement les choses entre eux.

Ainsi, tout en fantasmant sur sa prochaine rencontre avec le jeune homme aux cheveux bleutés, il glissa une main sous les pans de sa tenue et commença de longs mouvements de va et vient sur son sexe dressé…

**************

Sai détala, sans demander son reste, jusqu’à ses appartements privés. Jamais il ne s’était sentit aussi sale, aussi humilié. L’Empereur s’était bien moqué de lui ! Il l’avait traité comme une vulgaire traînée de bas étage : rien de plus. Une fois arrivé dans sa chambre, il se jeta sur son lit et laissa libre cours au flot de ses larmes. Il n’arrivait pas à refouler la peine due à cette profonde humiliation.

*************

L’Empereur attendit que la nuit soit totalement tombée pour aller rendre visite à son jeune professeur et tenter de régler ce terrible quiproquo. Sans même frapper, il entra dans la chambre de Sai et vit, à sa grande stupéfaction, que le jeune homme avait encore les yeux rougis et gonflés d’avoir tant pleuré et qu’il était en train de ranger soigneusement ses affaires dans ses bagages. Visiblement, il était bien décidé à quitter les lieux au plus vite.

- ‘’Fujiwara Sensei, je peux vous parler une minute ?’’ Demanda l’Empereur en s’installant, sans en demander l’autorisation, sur une chaise située à côté de la porte d’entrée.

Sai, se retourna pour faire fasse à l’Empereur et lui répondit :

- ‘’Seigneur, je vous présente mes humbles excuses pour ma conduite plus qu’impolie de cette après-midi. Mais, ne vous inquiétez pas. Je ne vous ferai plus jamais offense puisque je m’en vais m’en retourner, sur le champ, à Tokyo.’’

- ‘’Et vous croyez vraiment que je vais vous laisser partir sans rien dire Fujiwara Sensei ? Il ne me semble pourtant pas vous avoir donné la permission de nous quitter.’’

A ces mots, le sang se Sai se glaça. Qu’il était naïf ! Son comportement avait du profondément blesser l’Empereur. Il ne le laisserait jamais partir tranquillement comme si de rien n’était.

L’Empereur jugeant la réaction de son vis-à-vis satisfaisante poursuivit sa comédie :

- ‘Vous voyez, je ne peux décemment pas vous laisser vous enfuir de la sorte après l’outrage que vous avez osé me faire ujourd’hui. Il va falloir vous faire pardonner si vous ne vous voulez pas que je me fâche..’

Sur ces mots, l’Empereur s’avança jusqu’à Sai et lui prit le menton afin qu’il le regarde droit dans les yeux.

- ‘Alors que si vous vous montrez coopératif en me faisant découvrir vos autres talents cette nuit, je pourrais devenir très gentil avec vous…’

L’Empereur ne pouvait s’empêcher de tourmenter le pauvre jeune homme. C’était plus fort que lui. Bien qu’il se fichait éperdument du fait que Sai l’ait giflé cette après midi, çà l’amusait énormément de lui faire croire le contraire. Mais, d’un autre côté, il s’en voulait d’agir de la sorte, car il recréait exactement le même schéma qu’avec toutes ses relations précédentes. C’était comme s’il ne connaissait que la menace et le chantage pour arriver à ses fins. Or, il ne voulait pas que cela se passe de la sorte avec son professeur… Il voulait plus, il voulait…

Soudain, il fut interrompu dans ses pensées en voyant Sai fondre en larmes devant lui. Le cœur de L’Empereur se serra aussitôt. Il réalisait enfin la détresse dans le regard du jeune homme et, de ce fait, il comprenait à quel point il avait été trop

loin avec lui. Terriblement troublé par les larmes et l’air perdu de son professeur, l’Empereur enlaça Sai de toutes ses forces et suivant son instinct lui dit :

- ‘Pardonnez-moi Fujiwara Sensei ! Je ne vous en veux pas du tout pour ce qui s’est passé cette après- midi. Au contraire, c’est plutôt à moi de m’excuser. Je me suis montré terriblement grossier avec vous. Je vous demande infiniment pardon.

Mais vous m’avez rendu fou… Depuis que je vous ai vu, je ne pense plus qu’à vous… Je vous en prie ne partez pas, ne me laissez pas ! J’ai terriblement besoin de vous ici. Vous êtes la seule personne à vous montrer honnête envers moi.’

La déclaration de l’Empereur avait stoppé net les pleurs de Sai. Estomaqué et toujours blotti dans les bras puissants de l’Empereur, il écouta la suite.

- ‘Je suis désolé Fujiwara Sensei.. Croyez-moi, je vous en prie. Jamais je n’ai voulu me moquer de vous.. Je .. Je crois bien que je suis tombé totalement amoureux de vous dès la minute où je vous ai vu…’

Sur ces mots, il essuya de sa main une goutte qui perlait encore sur la joue du jeune homme et avec hésitation, tremblant de la réaction de son professeur, il se risqua à approcher ses lèvres de celles de Sai. Le trajet qui le séparait de ces dernières lui parut durer une éternité. A chaque seconde, il attendait la gifle qui mettrait fin à ses rêves. Mais celle-ci ne vint jamais et, tout doucement, il redécouvrit les plaisirs d’un baiser timide avec celui qu’il désirait tant. Mais, résistant à la tentation d’enhardir le baiser, l’Empereur mit fin à ce moment de bonheur car il ne souhaitait pas précipiter les choses. Il voulait connaître avant

tout les sentiments de Sai à son égard et s’assurer qu’il ne lui forçait pas la main.

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Sai avait du mal à organiser ses pensées. Le flux de données était trop important. En à peine une minute, il venait de passer du stade de simple jouet sexuel pour enfant gâté à celui d’Être aimé par le puissant personnage du Japon. Il lui semblait que le monde tournait autour de lui à une vitesse folle… Lorsque soudain, il sentit pour la seconde fois de la journée les lèvres de l’Empereur sur les siennes. Le temps qui lui avait semblé courir à une vitesse folle jusque là, s’arrêta net. La sensation de ce baiser était totalement différente du premier. Elle était encore plus agréable et enivrante. C’était un baiser tout ce qu’il y avait de plus chaste et doux, mais, à travers celui-ci, Sai percevait totalement les sentiments puissants de l’Empereur à son égard. Il lui semblait désormais possible de comprendre ce que ce dernier ressentait pour lui. Davantage rassuré par les paroles de l’Empereur, Sai répondit :

- ‘Moi aussi je vous apprécie beaucoup mon Seigneur. J’ai juste mal interprété vos réactions tout à l’heure. Je suis heureux de voir que vous tenez à moi de cette façon, car moi aussi depuis que je vous ai vu… Je ..’

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